NoSgoth

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Le Royaume de Nosgoth.
L'Ancien : "Je suis le noyau vital, l'essence même de Nosgoth.".
Moébius : "T'es-tu vraiment cru capable de changer "mon" histoire ?".
Raziel : "Ma destinée t'amuse, c'est ça ?".
Kain : "L'éternité est implacable.".
Janos Audron : "Ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils sont ignorants, et si faciles à manipuler.".
Ariel : "À jamais je suis emprisonnée ici, tout espoir serait vain...".
Vorador : "Regardons maintenant de l'autre côté du miroir.".
Hylden : "Quelle naïveté de penser que l'on peut s'opposer à sa destinée !".
Raziel : "Je veux voir le monde dans son enfance, avant la croisade des séraphéens.".
Kain : "Nous n'effaçons pas l'histoire, nous la réécrivons !".
<Janos : "Au cours des siècles, j'ai pu observer notre histoire devenir un mythe, pour finalement sombrer dans l'oubli.".
Moébius : "Juge donc l'auteur de tes sermons avant de les réciter.".
Vorador : "Quel piètre sauveur tu fais !".
L'Ancien : "Je suis, ici et ailleurs, maintenant et toujours.".
Ariel : "Je suis pure, mais éthérée. Kain, lui, est diablement réel mais vicié.".
Raziel : "Je ne voulais plus qu'une chose : débusquer Kain et l'annihiler.".
Kain : "L'épée est la clef !".
Moébiu : "Bienvenue âme perdue dans les âges. Rencontre ta Destinée.".
Raziel : "Ange ou démon, lui seul détenait la clé de mon destin.".
Kain : "Si Moébius t'avait dit que je me cachais au fin fond des enfers, m'y aurais-tu suivi, au péril de ton âme ?".

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 Le vestale sanctifiée.

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Nérissa
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MessageSujet: Le vestale sanctifiée.   Mer 24 Sep - 11:58

La Vestale sanctifiée
I

Andopal


C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la Mort et nargue la Débauche.

(Charles Baudelaire)

Pour l'ambiance musicale, c'est ici

Elle courait, comme si le sol se dérobait sous la pression de ses pas. Le gardien avait échoué, indéniablement. Elle s'était pourtant attachée à lui, mais il avait échoué. Elle allait perdre une vie et quitter ce monde qu'elle avait presque sauvé. Elle était la vierge consacrée, créée pour faire persévérer la lumière dans les endroits les plus obscurs. Elle était née avec ce destin, c'était inscrit dans les lignes luminescentes de la fatalité. Andopal devait sombrer cette nuit là, lui aussi, et entraîner sa mort à elle. Sa robe bleue finement brodée volait dans l'air déjà lourd, sinistres claquements du tissu. Si légère... Se souviendra-t-elle ? De lui ? De ce qu'il lui faudra faire pour être elle-même ? Aura-t-elle tout oublié, jusqu'au sens du mot "vertu" ?

Élevée parmi les prêtresse de Sélune, consacrée à la chasteté et à l'innocence les plus pures, bercée de rêves candides et de songes incertains, elle était devenue la Vierge Consacrée. La missionnaire de l'ordre mystérieux parmi les univers disparates. Elle n'était ni archange, ni trône, ni même chérubin ou séraphin. Elle était la dernière enfant du peuple des hommes-chats d'Arnolite, ce pays au passé glorieux et aux mythes fameux. Elle disposait des neufs vies sacrées. Elle allait en perdre une, qu'importe. Elle ferait bon usage des autres.
Elle avait ce don si rare de pouvoir guérir tous les maux. Sa douce présence était apaisante et ses mains miraculeuses : nulle plaie, nul chagrin ne pouvait lui résister. Mais le vice était partout dans le cœur des autres et s'incarnait dans les êtres bien plus souvent que ne le faisait la vertu. Qui avait triomphé ? Elle ne saurait le dire. Elle mourrait en martyre, comme les vierges consacrées précédentes. Mais elle, parce qu'elle était du peuple des hommes-chats, elle renaîtrait ailleurs, avec en elle cette étrange candeur, cette innocence déroutante. Ces deux armes si redoutables parce que nul ne les craint.

Le vide fut devant à ses pieds, la seule issue, la falaise. Derrière, elle entendait déjà leurs cris furieux. Sans hésiter un instant, souriant paisiblement, elle fit glisser la longue robe bleu nuit aux mille volants, le long de son corps. Puis, nue, plus belle que jamais, elle s'élança dans le vide, d'un saut léger et gracieux.

Une vie de perdue.


Leurs mains s'effleurent, leurs peaux se frôlent. Il l'enlace, la pressant contre lui. Leurs cheveux se mêlent, leurs parfums s'entrelacent.

"Nérissa... Je..."

Elle presse son doigt sur sa bouche, lui intimant de se taire.


La hache sombra sur la nuque de celui qui était agenouillé, sa face angélique reposant sur le billot. Elle vit l'éclat pourpre du sang qui gicla, lugubre fontaine. Dissimulée dans l'ombre de sa cape de bure, elle comprit qu'elle n'avait pas le choix : c'était son tour.



"Moi aussi, je t'aime, Andopal..."


Elle l'embrasse, longuement. Ils sont seuls au monde, à cet instant.


(Illustration : lespatulaqueen)





Dernière édition par Nérissa le Dim 28 Sep - 13:45, édité 1 fois
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Nérissa
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MessageSujet: Re: Le vestale sanctifiée.   Dim 28 Sep - 13:41

La Vestale sanctifiée
II

Fenrys


Elle ignore l’Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l’heure viendra d’entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu’un nouveau-né, — sans haine et sans remord.

(Charles Baudelaire)

Pour l'ambiance musicale, c'est ici

Le vieillard observa longuement la sphère transparente dans laquelle se
succédaient des images, puis, d'un ton serein, il murmura :

"Tout n'est peut-être pas perdu..."


Elle ouvrit les yeux, trempée de la tête aux pieds, sa chevelure lunaire dégoulinant sur ses épaules dénudées, l'étoffe de sa tenue alourdie par une eau glaciale. Ses prunelles félines luisaient faiblement de leur éclat mordoré, dans la pénombre du port de Nosgoth. Son esprit n'était plus que néant. Qu'avait-elle été ? Que s'était-il passé ? Elle se releva avec souplesse, sa peau était étincelante sous les perles d'humidité qui ruisselaient, longeant les formes sculpturales de son corps. Deux oreilles pointues perçaient l'épais voile que constituait sa chevelure opaline.

Elle découvrit peu à peu le nouveau monde auquel elle faisait face, ignorant tout d'elle, si ce n'est ce nom mélodieux : Nérissa. Un jour, elle rencontra un lycan du nom de Fenrys, une brute qui fut curieusement attendrie par la demoiselle et qui décida de devenir son protecteur, envers et contre tout. Errant à travers les ruelles de Nosgoth, Nérissa semblait chercher quelque chose, elle n'hésitait pas à venir en aide à ceux qui souffraient ou qui étaient blessés et ne parvenait pas à comprendre la violence. On murmurait que Fenrys n'était jamais loin et que s'attaquer à elle était devenu risqué. On affirmait aussi que le loup serait allé jusqu'à la sauver au sein même du château des démons.

Ils vécurent ainsi, durant de longs instants, errant tous deux. Elle lui apportait la douceur et l'innocence qu'il avait perdues, il la protégeait, et, sans le vouloir, il était devenu le nouveau gardien.
La Vierge consacrée avait réussi son œuvre, au royaume de Sélune : la graine de la vertu était plantée et ne cessait d'y croître, plante tentaculaire aux fleurs pâles. La mémoire qui lui avait été prise ne pouvait empêcher la lumière de triompher en elle, et son dessein s'accomplissait de lui-même à Nosgoth.


"Notre but sera bien atteint, j'en suis certain... Les terres où sa renaissance s'est produite sont l'origine même des maux qui pourrissent l'ensemble de cet univers. C'est la-bas et nul par ailleurs qu'elle doit apporter la guérison."

Le second ancien toisa son confrère.

"Pourquoi avoir gâché l'une de ses vies dans nos contrées, alors ?"



Mais, un jour, le loup disparu. Lassitude ? Peur ? Nérissa se retrouva livrée à elle-même, et elle tomba entre de biens sombres mains. Celles d'une terrible démone... Mais le destin était aux côtés de la vierge. Un combat. Un coup de lame, anodin. Elle ne se sentait plus le courage de vivre. Elle n'usa point de ses dons de régénération. Et la mort vint se poser sur front et clore ses paupières de velours, d'une main presque caressante. Sans son gardien, la vierge ne peut vivre. C'est inscrit en elle.


"Parce qu'il fallait qu'elle conserve son innocence. Cette vie aura inscrit en elle l'essentiel."

L'autre hocha la tête, visiblement convaincu.

"L'innocence du corps ?"

Le premier éclata de rire. Les bibelots, sur les étagères, oscillèrent.

"Non, celle de l'esprit, celle du cœur. Celle que rien ne peut violer. Celle qu'on ne peut perdre que par sa propre volonté."


(Illustration de Luis Royo)





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Nérissa
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MessageSujet: Re: Le vestale sanctifiée.   Lun 29 Sep - 15:34

La Vestale sanctifiée
III

Caymh



Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.
(Charles Baudelaire)

Pour l'ambiance musicale, c'est ici.

A peine la vie lui fut-elle redonnée qu'elle tomba entre les mains de son nouveau gardien, qui serait aussi son bourreau : Caymh, ce démon ancestral qui vouait son existence entière à l'exercice du mal. Sans aucun doute, cette troisième vie fut-elle la pire de la Vierge... Elle ne fut guère épargnée par celui qui la possédait désormais, et elle sombra dans une ombrageuse mélancolie. La douleur plissait son front. La crainte envahissait son cœur. Misérable petite luciole qui s'efforce de briller encore alors qu'elle a chuté au fond du plus profond des abimes.

Prisonnière d'une demeure de pierre sombre, elle avait cependant retrouvé la mémoire pour cette existence, et était donc parfaitement consciente de la mission qui était sienne. Elle tenta d'expliquer au démon ce qu'elle était, et, touché par son innocence, le fait était qu'il s'adoucissait de jour en jour -tout en restant l'être maléfique qu'il ne pouvait qu'être-. Elle conserva, pendant cette vie qui fut aussi la plus courte, un espoir et une croyance presque inébranlables. Mais, sans le vouloir, et parce que son cœur pur ne pouvait qu'éprouver de l'amour, elle se lia à son redoutable gardien. Probablement fut-ce cet attachement qui entraîna les quelques doutes qui vinrent effleurer son esprit...

Et si toute son existence n'était qu'un mensonge ? Qu'il n'y avait rien à faire contre les ténèbres rugissantes ? Que vivre innocemment était devenu impossible ? Qu'aucune puissance ne veillait sur eux, depuis les nimbes célestes ? Le combat valait-il le coup d'être tenté ? Enchaînée, sans défense, que pouvait-elle faire ? Essayer de vivre, malgré tout, était-il suffisant ? Devait-elle se donner la mort pour éviter le pire, pour que son corps et son âme ne soient pas noircis par les feux infernaux ? Ou, au contraire, devait-elle s'abandonner toute entière à ce brasier inquiétant ?

Elle vit la souffrance. Elle côtoya la géhenne. Elle la foula de ses pas légers. Elle apprit ce que c'était, que d'aimer un monstre, lorsque l'on était digne d'être un ange. Probablement ne fut-elle jamais aussi éblouissante qu'au cœur de l'ombre.


"Nous ne contrôlons plus rien... Elle est perdue."

Les trois anciens, autour de leur guéridon d'ébène sculpté, semblaient plus harassés, plus âgés que jamais.

"N'est-ce pas ce que nous voulions ? Sa survie a un prix que nous ne pouvons payer. Sa puissance... entre les mains d'un ambitieux..."



Puis, la Vierge ne fut plus. Son hymen agonisa dans d'épais draps de satin luisants. Sa fureur, mêlée de tristesse et bercée par une folle innocence, la firent désirer la mort. Et, sans attendre, usant de cette puissance si souvent réprimée, elle se jeta dans la lave bouillonnante, entraînant avec elle celui qui avait provoqué sa fin. Le mal et le bien, l'ombre et la lumière, se mêlant dans cette masse rougeoyante, comme à l'aurore des temps, comme à l'apocalypse.

Plus que cinq chances.


"Elle est morte. Ce n'était pas lui."

Il poussa un soupir de soulagement.

"Le quatrième... Les prophéties parlaient du quatrième."


(Illustration de Luis Royo)

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MessageSujet: Re: Le vestale sanctifiée.   Mar 30 Sep - 21:09

La Vestale sanctifiée
IV

Iriam
1


"Quand chez les débauchés l'aube blanche et vermeille
Entre en société de l'Idéal rongeur,
Par l'opération d'un mystère vengeur
Dans la brute assoupie un ange se réveille."

(Charles Baudelaire)

Pour l'ambiance musicale, c'est ici.

Aujourd'hui... S'ouvre une nouvelle porte. Celle du changement intangible, du frisson inaccessible, du jeu diabolique entre la fourrure et la chair laiteuse. La fin était nécessaire, cet achèvement idéal d'une escarmouche vaine entre l'encre sombre et les paillettes dorées qui refusent de s'éteindre. L'étincelle -celle d'espoir- fut plus forte que jamais en ce dernier instant. Puis, vidée de souvenirs, elle est revenue, différente, égarée, plongée dans le bain nacarat de l'incertitude, acculée. Elle n'avait rien cherché, trempant dans l'exquise insouciance de l'enfant qui voit le monde pour la première fois. Elle ne tarda cependant pas à exhumer le talent fabuleux de ses menottes diaphanes : celles-ci guérissaient, rambinaient, rendaient la vitalité égarée d'un simple effleurement qui prenait alors l'éclat diapré de l'azur.
Mais toujours, les ténèbres veillaient, sinistre lanterne à la porte de l'aurore, et le danger ne tarda pas à se faire ressentir. Le notus acrimonieux du destin la poussa vers un navire nébuleux où elle trouva celui qui, sans le savoir, devint le nouveau gardien.
Le quatrième gardien, celui qui renversera l'ordre établi.




La silhouette gracile errait sur les quais, ombre malicieuse vêtue d'une robe de satin noir bordée de dentelle rose pâle, probablement volée à quelque précieuse demoiselle. Une queue de fourrure noire oscillait dans son dos, lui accordant un incroyable sens de l'équilibre. Elle déambulait sur les docks depuis quelques temps, grappillant de la friture aux pêcheurs locaux et glanant du lait à la taverne du port. Ce soir là, elle n'avait rien trouvé à marauder et s'était décidée à aller chercher pitance plus loin. Ses pas -peut-être que ce fut le destin- la menèrent jusqu'à ce navire, protégé de hauts murs.
Probablement sentit-il le parfum musqué qui exhalait de la chair laiteuse de la féline : à peine fut-elle sur le pont qu'il sorti de la cabine dans laquelle il était afin d'identifier l'intruse.

"Quel est ton nom?", lui demanda-t-il. Elle ne voulait pas le regarder, elle masquait ses prunelles de ses menottes arachnéennes.

"Celui que vous voudrez, je n'en ai pas encore", répondit-elle. C'était en effet un véritable néant que sa mémoire.

"Alors, tu seras... Kitty !" Ainsi fut-elle nommée.

Il lui offrit à manger, ils discutèrent. Il se nommait Iriam. Il s'avérait qu'il était blessé, à l'épaule, d'une incurable plaie. Elle sentit qu'elle était capable de l'apaiser, elle avait déjà usé de ses dons auparavant, au port -expériences pendant lesquelles elle avait découvert, qu'un usage trop intense de ceux-ci pouvait avoir le désagrément de la réduire à l'état de chat- . En échange, elle exigea de lui qu'il la prenne sous son aile. Peut-être avait-il compris dès le premier instant, qu'elle ne repartirait pas, et qu'elle resterait à ses côtés.
Elle fut rapidement intégrée dans la Golden Evil Tribe . Sa douceur, sa surprenante candeur et son attendrissante beauté contribuèrent à la lier aux différents membres de cette famille de flibustiers. Elle vivait gaiement, vadrouillant ça et là, guidée par sa curiosité, souvent accrochée aux bottes de son nouveau protecteur. Elle soignait ceux des pirates qui en avaient besoin. De jour en jour, un lien très étroit se tissa entre la féline et son protecteur. Elle s'attacha aussi à l'entourage de celui-ci, son apprenti, son épouse, et quelques autres bandits. Iriam était un bien singulier vampire : un enfant déchu de son innocence mais qui avait conservé l'intégralité de sa puérilité. Impulsif et parfois brutal, il savait aussi se montrer tendre et attentionné.
Le chemin de la demoiselle croisa aussi celui d'une autre innocente : Cérès, féline aveugle aux multiples personnalités. Elle devint la compagne de jeu de Kitty, qui baignait dans l'ingénuité la plus totale.



Il l'immobilise dans ses bras, et plonge impunément sa tête dans le creux de la nuque de la frêle féline. Ses crocs, dans la chair lactescente, le pourpre du sang, qui ruisselle, lentement... Elle maugrée. Elle lui en veut un peu d'être aussi brusque, si peu attentionné. Elle s'affaiblit et peine à tenir debout, elle oscille dans ses bras, perdant l'équilibre. Il en profite : il l'allonge sur le sol, se dressant sur elle à califourchon. Elle ne comprend plus, son cœur s'emballe. Il est comme fou, il déboucle sa ceinture.

"Tu n'as pas le droit..."

Il tient des propos incohérents, une étrange démence s'est emparée de lui. Mais les prunelles de l'innocente brûlent déjà d'un feu protecteur, et bien vite une singulière aura azurine encercle le malheureux et tue en lui toute mauvaise pensée. Il s'effondre, toujours noyé dans la lumière. A cet instant, il voit tout ce qu'elle avait oublié. Il apprend quelle mission lui est confiée. Elle le réveille, malgré son trouble, malgré sa colère.

"Je suis le quatrième..."

Il sombre à nouveau.



Lorsqu'il s'éveilla, elle du lui rappeler ce qu'il avait failli commettre. Il ne lui révéla rien de ce qu'il avait vu. Croyait-il pouvoir porter ce fardeau seul ? Ce jour là, plus que tout autre, la féline comprit qu'Iriam avait besoin d'elle. Elle seule pouvait l'aider à récupérer le contrôle de son existence...



(Illustration de Tenaku)
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MessageSujet: Re: Le vestale sanctifiée.   Mar 9 Déc - 17:33

La Vestale sanctifiée
IV
Iriam
2


"Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?
Dis, connais-tu l'irrémissible ?
Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,
A qui notre coeur sert de cible ?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?"

(Charles Baudelaire)

Pour l'ambiance musicale, c'est ici.


Le chemin de la vestale fut parsemé d'êtres à qui elle s'attacha : son innocence et sa trop vive candeur l'incitaient à voir le bien en tous et à vouloir leur porter secours. Aussi, sa route croisa-t-elle celle d'un démon qui répondait au nom de Moried. Cruel et impitoyable, il fut pris d'une singulière tendresse pour l'ingénue et se fit son protecteur, veillant sur elle lorsque son inconscient gardien venait à s'absenter. Ce dernier avait conservé un silence religieux au sujet de ce qu'il avait vu. Le destin fit, dans sa délicieuse ironie, que Moried affirmait avoir les moyens de rendre la mémoire à Nérissa. Elle y aspirait. Iriam souhaitait éviter cela, par crainte de la perdre... Mais les lignes de la fatalité étaient déjà rédigées : la vierge Consacrée ne pouvait rester éternellement sourde à son devoir, et devait l'accomplir en pleine conscience.
Et ce fut ce qui y arriva. La mémoire lui fut rendue et elle se mit à voir le monde -non sans cette candeur qui est naturelle chez elle- d'une manière différente.

Ils sontseuls et le feu crépitait dans l'âtre, répandant sa douce chaleur dans la petite pièce du fond de l'auberge des pirates. Leurs corps sont enlacés et le silence s'estfait. Se sent-elle coupable, à cet instant ? Elle somnole, tapie contre lui, il veille, il la veille. Aucune étoffe ne sépare leurs peaux. Il a failli une dernière fois, il s'est abandonné aux pulsions terribles de la chair. Elle a tout prévu, tout contrôlé. Il est guéri, il a obtenu cette ultime rédemption. Elle est sereine et un pâle sourire orne son minois séraphique.

"Je t'aime..."
, a-t-elle dit. Il n'y a rien répondu : il est des passions si inhabituelles qu'on ne sait plus comment les exprimer.

L'accomplissement est consommé. La vierge n'est plus vierge, mais elle est consacrée, plus que jamais. Ce sont les actes d'amour qui forgent les anges.


La vie fut différente, après cela. Pleine d'inquiétudes et de culpabilité. Et la désolation, inconsciente, silencieuse et douloureuse, prit la suite du plaisir innocent. L'instant parfait ne se renouvela pas. Il ne pouvait se renouveler sans être péché, sans être imperfection, sans être erreur. Ils le savaient tous deux. De multiples soucis s'abattirent sur leurs fronts, comme une pluie acide, trop violente. De crucifiantes histoires de famille, des contes de magie occulte, des récits réels les plongèrent dans un effroyable néant. Et restait cet amour partagé, platonique désormais, gorgé de tendresse et de besoin. Le lien s'était construit, s'était renforcé, il était devenu parfait, charnel, intense, torturant.

La vierge accomplissait son destin, éveillant parfois de viles convoitises, suscitant des dangers. Sa quatrième vie semblait être vouée à une longue durée, et tandis que la souffrance sentimentale et affective se faisait plus intense, la réussite de la mission sacrée s'avérait être totale, la lumière invisible, la sagesse impalpable se disséminant sur les terres où elle passait, comme une trainée de fleurs naissant sous ses pas légers.

Les deux vieillards se fixaient intensément.

"Il faut lui rendre son armure, elle est trop fragile... Elle doit se détacher de lui, et peut-être que..."

L'autre adopta un air grave.

"Nous ne pouvons aller contre la prophétie... Il est vain de chercher à le faire, nous sommes voués à être spectateurs, désormais et à trouver solution. Mais, soit, menons-la à son armure ..."


(Illustration de Mariyumi)

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